La distance ne supprime pas le transfert, elle le transforme. En effet, le transfert ne dépend pas de la proximité corporelle, mais de la place psychique occupée par l’analyste dans l’économie subjective de la personne. Ainsi, même en distanciel, les affects, les projections, les attentes, les résistances continuent de circuler.
Cependant, la distance modifie certaines modalités. Par exemple, l’écran peut atténuer l’intensité de la présence, ce qui peut être vécu soit comme une protection, soit comme une frustration. D'autre part, certaines manifestations non verbales sont moins perceptibles, tandis que d’autres éléments (la voix, les silences, le rythme de la parole, etc.) prennent davantage de place.
La distance peut aussi révéler des aspects du rapport à la séparation, à la proximité, à la dépendance ou à l’autonomie. Autrement dit, elle devient elle-même un matériau analytique.
Plutôt qu’un obstacle, elle peut donc être comprise comme une configuration spécifique du transfert, avec ses propres enjeux.