Les auteur·e·s français·se vivent majoritairement dans une instabilité économique chronique. En effet, les taux contractuels descendent parfois à 4 % (soit 96 % pour l’éditeur), les avances sont faibles ou inexistantes, et la plupart des auteur·e·s ne valident pas suffisamment de trimestres pour la retraite de base. Quant à la retraite complémentaire gérée par l’IRCEC, elle reste inaccessible pour une majorité d’entre nous.
Certain·e·s auteur·e·s, comme moi qui habite actuellement en Allemagne, peuvent bénéficier d’un filet de sécurité grâce au système allemand KSK, qui assure une retraite minimale et des protections sociales pour les créatrices et les créateurs indépendant·e·s. Mais en France, la situation est toute autre : aucune reconnaissance symbolique, aucune sécurité réelle. La question n’est pas seulement économique, elle est morale et sociale. Cela, car une société qui laisse ses auteur·e·s sans protection envoie un signal clair : le travail culturel n’a pas de valeur institutionnelle.